Purnima Majhi: 19 ans, maltraitée par son employeur à Delhi

Purnima Majhi: «J’ai vécu 2 mois dans la rue»

Purnima, abusée à Delhi

Purnima, abusée à Delhi

Article de Planète solidaire en pdf

Domestiques en Inde: un esclavage tribal

Plus de 100 000 travailleuses domestiques issues des zones tribales de l’Inde doivent travailler dans des conditions difficiles au service des riches familles de Delhi. Exploitées et souvent maltraitées par leurs employeurs et de nombreuses agences de placement illégales, elles n’ont presque aucun droit. Caritas Suisse soutient le Domestic Workers Forum en coopération avec l’organisation Chetanalaya qui leur vient en aide en les informant et les fédérant. Reportage dans la zone tribale de Jharkhand et à Delhi pour comprendre la vie de ces femmes maltraitées.

Texte: Grégoire Praz

Photos: Eng Hiong Low

Texte paru dans Planète solidaire, septembre 2012. Journal de Caritas Suisse.

Delhi, septembre 2011.

«Une femme est morte devant moi, elle n’avait que 21 ans. Des employeurs et des agences de placement de Delhi poussent les domestiques à se suicider. Ils donnent de l’argent à la police pour qu’elle ferme les yeux. J’ai vu beaucoup de souffrances. J’ai été maltraitée et menacée moi-même. Mais je suis avocate et j’aide ces femmes à se battre avec la force de la loi», lance avec conviction et émotion sœur Leona, 58 ans, religieuse ursuline et avocate de l’organisation Chetanalaya, partenaire de Caritas Suisse pour le programme Domestic Workers Forum (DWF) en Inde (voir encadré). Cette femme de caractère, qui n’abandonne jamais, est la responsable de l’équipe de sauvetage qui vient en aide aux travailleuses domestiques maltraitées par les familles ou les agences qui les emploient à Delhi. Lorsqu’une femme est en danger, elle se rend avec une autre avocate Chatush Singh et accompagnée de la police au domicile des employeurs ou des agences qui maltraitent les femmes. «Depuis le début de nos activités en 2002, nous avons sauvé 500 filles et amené sept cas d’abus sexuels devant les tribunaux. Ce n’est pas beaucoup mais la corruption est omniprésente en Inde», précise sœur Leona. De nombreuses travailleuses domestiques à Delhi sont en effet recrutées parmi les populations tribales et de basses castes issues des Etats les plus pauvres du pays comme le Bihar, Jharkhand, Orissa ou encore l’Uttar Pradesh. Mary Scaria, avocate à la Cour suprême de l’Inde et auteur de l’ouvrage Maid in Hell (servante en enfer) parle même d’un esclavage tribal. Selon certaines estimations, il y aurait à Delhi plus de 100 000 travailleuses domestiques issues des zones tribales et gagnant un salaire de 500 à 2000 roupies par mois (9 à 35 francs suisses)  et près de 90 millions dans tout le pays. Mais selon l’Organisation internationale du travail, les statistiques officielles indiennes ont tendance à sous-estimer le nombre des travailleurs domestiques. Elles varient effet selon les estimations de 2,5 à 90 millions.

Voyage vers Jharkhand

Pour comprendre d’où viennent ces femmes employées à Delhi, nous nous rendons à Simdega. Situé au sud-ouest de l’Etat de Jharkhand, Simdega est un district très pauvre de plus de 500 000 habitants dont 94% vivent de l’agriculture. Trois quart de la population fait partie des adivasi (habitants primitifs) de la tribu des Santâls et victime de discrimination des hautes castes et des riches propriétaires fonciers.

Située à plus de deux heures de Simdega, seule ville du district, le village de Paikpara est très isolé et les habitations dispersées. Il faut emprunter des routes en terre battue dans une forêt épaisse. Notre chauffeur est nerveux. Il y a eu dernièrement de nombreux «carjacking» (vol de voiture avec violence) dans la région et les naxalites, des rebelles maoïstes luttant pour les droits des adivasi y sont très actifs. Notre chauffeur est nerveux, il nous dit qu’ après 18h00,  il ne veut plus conduire sur les routes de Simdega.

Le soleil se couche sur les champs de riz irisés d’un vert fluorescent. Nous empruntons à pied un chemin boueux de plus de deux kilomètres pour atteindre le village de Paikpara. Yogesh Kumar, responsable du lobbying auprès du gouvernement indien chez Chetanalaya ainsi que Maxima Ikka, 40 ans, nous accompagnent. Maxima fait partie des dix coordinatrices de zone employées par Chetanalaya pour travailler sur le terrain en contact direct avec les femmes domestiques. Enfant de ce village, elle est une ancienne travailleuse domestique qui s’est exilée à Delhi en 1997 pour aider sa famille qui rencontrait des problèmes financiers. Elle a été recueillie par les sœurs de l’Immaculée Conception dans la capitale : «Fort heureusement, je n’ai jamais été agressée à Delhi mais j’ai rencontré beaucoup de femmes qui ont beaucoup souffert. J’ai voulu m’engager pour ces femmes parce que je me sens proche d’elles, je suis aussi une adivasi».

Maxima est une pionnière du DWF. Elle travaille depuis 2003 pour Chetanalaya et elle est l’une des premières femmes à s’être engagée pour fédérer les domestiques et créer des groupes de rencontre qui sont aujourd’hui au nombre de 121 dans la capitale. Le but du projet est d’avoir 7000 travailleuses domestiques membres du DWF d’ici à 2013. Il est 16h30, la lumière faiblit de plus en plus sur Paikpara. La route serpente entre les champs de riz faisant scintiller les derniers rayons de soleil pour nous conduire vers un amas de petites maisons en terre ocre et ciment perdues au milieu d’une forêt. Le chemin devient de plus en boueux et sale, mêlant urine et bouses de vaches. Nous sommes très bien accueillis dans le village grâce à la sœur de Maxima qui fait partie du comité dirigeant de Paikpara.

Le parcours de Purnima

Une jeune fille aux cheveux noirs ondulés s’avance timidement vers nous. Elle porte une robe bleue marine imprimée de motifs de marguerites qui égayent un peu son regard mélancolique. Purnima Majhi, 19 ans, vit dans une famille très pauvre de sept enfants. Sa mère Binni Deni travaille la terre en culture vivrière et elle n’arrive à nourrir que deux enfants avec ses maigres récoltes de riz. Purnima est incapable de travailler et sort rarement de la maison familiale très modeste où elle vit avec sa mère, son père Bineswar Majhi ainsi que ses frères. Sa posture corporelle est comme figée. Ses bras tombent raides le long de son corps comme des morceaux de bois inertes. Elle tente de sourire mais son regard se trouble. Après  nous avoir fait visiter sa maison, elle nous confie: «J’ai travaillé dans le district sud-ouest de Delhi comme domestique pendant un an et trois mois. J’ai changé plusieurs fois d’employeurs et j’ai été battue par le directeur de l’agence de placement Ranchi Jharkhand à Saraikalekha, un quartier de Delhi. J’ai dû m’enfuir de l’agence parce qu’il me battait et refusait de payer mon salaire de 13 000 roupies (environ 230 francs suisses) pour un an et trois mois de travail. Je suis restée deux mois dans la rue. J’ai dormi à la gare, dans des abris de bus. J’ai été battue et …». Purnima semble également avoir été violée mais elle n’arrive pas encore à en parler. Psychologiquement traumatisée, elle a erré dans les rues jusqu’à ce qu’elle soit recueillie à Nizanudin par les sœurs de l’Immaculée Conception qui avertissent immédiatement le DWF. Elle est placée dans un centre de crise à Patel Nagar à Delhi. Le DWF contacte l’agence de placement qui l’avait déjà dénoncée à la police pour délit de fuite. Les collaborateurs du DWF font pression sur l’agence pour payer la somme due à Purnima et avertit sa famille. Son père vient alors la chercher à Delhi et la ramène au village. Choquée, Purnima veut quitter Delhi le plus vite possible et renonce à déposer plainte contre l’agence de placement, car en Inde, la loi oblige la plaignante à rester sur les lieux durant toute la procédure. La jeune Purnima n’est de loin pas la seule à avoir été victime de trafic d’êtres humains et de mauvais traitements.

Sur la route du retour vers Ranchi, la capitale de l’Etat de Jharkhand, alors que nous faisons halte dans une buvette au bord de la route de Biru, une femme, qui semble âgée et fatiguée, interpelle Maxima. Birasmani Lohar, 55 ans, nous raconte qu’elle a confié sa fille unique Nii Lu à une religieuse de passage il y a plus de quatre ans. «Je n’avais pas les moyens de m’occuper de ma fille et de lui donner une bonne éducation. Mon mari est mort et je travaille comme domestique pour 500 roupies par mois dans cette buvette. Ma fille avait un an quand je l’ai confiée à une femme de passage, habillée en religieuse que je ne connaissais pas. Je lui ai fait confiance parce qu’elle m’a dit qu’elle lui donnerait une bonne éducation. Mais depuis ce jour-là, je suis sans nouvelles de ma fille. Je m’inquiète pour elle ». Birasmani semble souffrir de dépression. Elle est désespérée d’avoir dû confier sa fille unique à une étrangère. Elle regrette son geste. Maxima lui promet de tenter de la retrouver mais elle a peu d’espoir. De nombreux agents de recrutement circulent en effet dans les villages des campagnes pauvres à la recherche d’enfants et de jeunes filles pouvant servir le trafic d’êtres humains en direction de la capitale Delhi. Ces agents offrent de l’argent à des membres de la communauté villageoise pour faciliter les contacts et recruter plus de candidates. Ils se font souvent passer pour des membres de communautés religieuses avec de fausses cartes de visite et promettent des formations en marketing ou secrétariat pour que les filles se décident à les suivre à Delhi. On estime à 2400 le nombre d’agences présentes dans la capitale, dont la plupart ne sont pas enregistrées et illégales.

Le système des agences de placement

En 2007, Purnima avait été recrutée dans son village par un agent appelé Shudha qui l’avait conduite à Delhi. Le système des agences de placement est très bien élaboré en Inde. L’agence de placement Ranchi Jharkhand dont le directeur avait violenté Purnima n’existe plus. C’était une agence illégale comme de multiples agences à Delhi qui ouvrent et ferment très rapidement après avoir fait un juteux bénéfice au passage sur le dos des femmes domestiques. De nombreuses agences sont d’ailleurs dirigées par des adivasi eux-mêmes qui viennent des mêmes villages dans lesquels ils recrutent.

Pour en savoir plus et comprendre l’organisation de ce trafic d’êtres humains, nous nous rendons à Jassola, un quartier de Delhi à majorité musulmane connu pour abriter de nombreuses agences de placement illégales. Une route en terre encombrée de détritus mène à un quartier grouillant d’activités, embouteillages de rickshaw, de tuk tuk, charrettes de toutes sortes. Des petits commerces occupent entièrement les deux côtés de la rue principale. Aucun écriteau n’annonce une agence de placement. Nous ressentons une grande tension et de la méfiance. Nous nous arrêtons devant le N.K. Photo-Studio. Un jeune homme avec une barbe de trois jours est assis lascivement derrière un comptoir en train de glisser précautionneusement des tirages photos dans une enveloppe. Une jeune fille portant un sari rose et en tongs s’approche, elle semble connaître le propriétaire des lieux. Les vitrines du magasin sont recouvertes de photographies kitsch de mariages, d’enfants ou encore de militaires. Nous lui demandons une adresse d’agence de placement de domestiques dans le quartier. Il nous envoie d’un geste sec de la main un plus loin en direction d’une maison de maître d’une rare richesse pour une banlieue si pauvre. Jouxtant un tas d’immondices se trouve une superbe et imposante demeure blanche avec des gardes du corps à l’entrée qui jouent aux cartes. Nous tentons d’obtenir une interview avec le propriétaire des lieux qui semble être également le chef du réseau d’agences du quartier mais les gardes du corps nous menacent et nous éloignent de la maison. Il règne à Jassola une omerta. Les devantures de la plupart des magasins du quartier  servent en effet de couverture à des agences illégales de placement de domestiques qui détiennent souvent les femmes enfermées dans des conditions effroyables dans leurs arrière-boutiques. Nous sommes priés par un homme de quitter le quartier immédiatement. Mais avant de quitter Jassola, nous repassons devant le magasin de photo et le jeune propriétaire nous griffonne à la hâte son numéro de téléphone car il gère lui-même une agence de placement illégale.

Sunita Bentik Labra, 25 ans, a également été victime des agents qui recrutent des femmes dans les régions pauvres. Habitant Sansavai dans l’Etat de Jharkhand, un agent lui avait rendu visite dans son village et lui avait promis de prendre soin d’elle. «Je ne voulais pas suivre cet agent mais je savais que ma soeur était dans une situation difficile à Delhi. Elle travaillait comme domestique depuis quelques années chez un employeur qui la retenait prisonnière dans une chambre et la battait. J’ai donc décidé de suivre cet agent pour prendre soin de ma soeur», lance Sunita avec émotion. Lorsque Sunita rencontre sa soeur à Delhi, celle-ci ne la reconnaît pas. «Ma soeur était choquée, l’employeur l’avait maltraitée. Elle ne savait plus qui j’étais». Sunita travaille comme domestique pendant deux ans à Delhi tout en essayant de convaincre sa soeur de rentrer au village mais sans succès. Sunita est aidée par le centre des religieuses de l’Immaculée Conception dans le sud de Delhi. Illettrée, elle apprend à lire et à écrire une fois par semaine. 350 femmes par mois visitent le centre et viennent s’y faire enregistrer. Elles reçoivent un carnet personnel pour y inscrire le nom de l’employeur et les heures travaillées. Ce contrôle permet de protéger les travailleuses domestiques. Les responsables du centre veillent à ce que les femmes ne soient pas maltraitées par les employeurs. Le DWF travaille d’ailleurs en étroite collaboration avec le centre de l’Immaculée Conception. Il informe régulièrement les femmes domestiques de leurs droits comme par exemple sur la mise en place d’une carte nationale d’assurance santé pour les domestiques acquise sous la pression du DWF.

Une agence modèle

Consciente du pouvoir des agences de placement dans l’organisation du trafic illégal de domestiques, Chetanalaya tente de travailler en coopération avec certaines d’entre elles comme par exemple l’agence J.C.O Group dans le sud de Delhi. Son directeur Narender Minj, un jeune homme sympathique de 30 ans, est originaire de Ranchi, capitale de l’Etat de Jharkhand. Alors qu’il travaillait comme technicien en angioplastie dans un hôpital de Delhi, il entre en contact avec des femmes de sa région qui lui confient qu’elles sont exploitées et abusées par leurs employeurs à Delhi. Choqué par cette situation, il décide de quitter son travail et de fonder, en 2009, une agence de placement de domestiques qui aide les femmes issues des campagnes en leur donnant un endroit décent pour dormir, des habits et de la nourriture. Il veille aussi à trouver des employeurs qui respectent les droits de ces travailleuses domestiques venues des campagnes et souvent illettrées. «Je ne fais pas de bénéfices avec mon agence parce que je ne prélève pas de commission exagérée sur le salaire des domestiques et j’aide beaucoup les femmes. Je leur procure un endroit pour dormir et de la nourriture. Mais les autres agences ne m’aiment pas et j’ai été menacé de mort à plusieurs reprises dans le quartier». Narender Minj rencontre régulièrement les coordinatrices de zone de Chetanalaya qui vérifient les conditions de travail et l’état de santé des domestiques. L’agence de Narender est une exception à Delhi puisque de nombreuses agences sont illégales et exploitent bien souvent les travailleuses domestiques.

Le quartier de Noida

Nilima, 35 ans, fait partie des dix coordinatrices de zone de Chetanalaya. Elle s’occupe de la zone de Noida qui se situe au sud de Delhi dans l’Etat de l’Uttar Pradesh. C’est une région très pauvre avec de nombreux bidonvilles. Dans le village de Morna, nous y rencontrons Punita Tirpety, 28 ans, qui est mariée et a une fille de trois ans qui se prénomme Angel. Punita nous invite dans sa chambre dont les murs sont peints en vert. Elle vit ici avec sa soeur Zimma, son mari et sa fille. Punita est enceinte de neuf mois mais elle dort à même le sol pour laisser le lit en bambou à sa fille. Elle travaille depuis 2001 comme domestique à temps partiel. «Je fais partie d’un micro groupe du Domestic Workers Forum grâce auquel j’ai appris à connaître mes droits et à les faire valoir auprès de mon employeur qui me respecte. Ma situation est difficile car nous avons un revenu limité avec mon mari mais nous sommes heureux car les gens qui vivent dans ce quartier sont paisibles et s’entraident».

A quelques centaines de mètres de là, se trouve un bidonville où Sarah* une magnifique jeune fille de 12 ans vit dans des conditions difficiles. Elle n’est pas scolarisée mais peut compter sur l’aide de la famille de Sierat, 26 ans, qui habite avec son mari et son fils dans un abri fait de bâches et de bambous. Sierat est membre du DWF et responsable d’un micro groupe qui informe les jeunes filles du bidonville de leurs droits et des risques du travail domestique dans la capitale. C’est d’autant plus important que Sarah a de grands risques d’être recrutée par un agent et de se retrouver au service d’une famille aisée de Delhi.

*Le prénom a été changé.

Encadré : Chetanalaya et le Domestic workers Forum

Chetanalaya est une organisation non gouvernementale basée à Delhi, enregistrée depuis 1994 mais fondée en 1970 pour venir en aide aux nombreux habitants des bidonvilles de Delhi ainsi qu’aux villages reculés d’Haryana. Chetanalaya atteint plus d’un million de bénéficiaires par des interventions dans de nombreux domaines dont la santé, l’aide aux enfants et la lutte contre le trafic d’êtres humains. Chetanalaya est l’organisation partenaire de Caritas Suisse qui travaille au développement du Domestic Workers Forum qui vise à fédérer, informer et conscientiser les nombreuses femmes issues notamment des zones tribales et qui travaillent comme domestiques à Delhi. Le but du projet est d’arriver à ce que 25 000 femmes participent au projet d’ici à 2013 et que 7000 en deviennent membres. Actuellement, il y a près de 1400 membres du Forum et 121 micro groupes ont été formés. Pour prévenir le trafic d’êtres humains à la source, des travailleuses sociales se rendent également dans les villages d’origine des domestiques pour informer et renforcer les structures communautaires.

Encadré : Les adivasi et les Naxalites

Les Ādivāsī (de racines sanskrites ād: origine et vās: habiter, résider) ou aborigènes de l’Inde forment une minorité importante de la population du pays. Ils sont particulièrement nombreux dans l’Orissa, le Bihar, le Jharkhand, et dans les États du Nord-Est tels que le Mizoram. Officiellement reconnus par la constitution indienne, ils sont néanmoins regroupés avec les intouchables. Les Indiens non aborigènes les considèrent souvent comme «primitifs». Les aborigènes constituent approximativement 8% de la population totale de l’Inde, soit presque 68 millions de personnes. Les Santâls – le groupe le plus large – habitent le Jharkhand.

Les insurgés maoïstes, appelés les Naxalites (du nom du village de Naxalbari où une première révolte paysanne eu lieu en 1967), sont les seuls à entendre les complaintes des paysans et des adivasi. Présents dans un tiers des districts indiens, ils contrôlent certaines régions où l’armée ne s’aventure même plus. La guerre entre rebelles maoïstes et forces gouvernementales a fait 1169 morts en 2010. Leur popularité auprès des paysans se nourrit de la dénonciation de la corruption et des expropriations.

Encadré : Une convention internationale

Lors de la 100e Conférence annuelle de l’Organisation internationale du Travail (OIT), les délégués ont adopté le 16 juin 2010 un ensemble historique de normes internationales qui visent à améliorer les conditions de travail de dizaines de millions de travailleurs domestiques à travers le monde. Grâce aux nouvelles normes de l’OIT, ils devront disposer des mêmes droits fondamentaux que ceux des autres travailleurs: des horaires de travail raisonnables, un repos hebdomadaire d’au moins 24 heures consécutives, une limitation des paiements en liquide, une information claire sur les termes et les conditions d’embauche ainsi que le respect des principes et droits fondamentaux au travail, y compris la liberté d’association et le droit à la négociation collective. Les 43 délégués envoyés par l’Inde à la conférence de l’OIT ont également adopté ces nouvelles normes. Il faut encore que le gouvernement indien ratifie la convention pour qu’elle soit mise en application. Car actuellement, l’Inde ne reconnaît pas le foyer comme un lieu de travail. Le travail domestique n’est donc pas considéré comme un travail à part entière.

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