Ande Surau, 70 ans, pourra construire une nouvelle maison en Indonésie

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Ande Surau: «Je n’ai pas dormi cette nuit-là»

Située sur la ceinture de feu du Pacifique, l’Indonésie subit une forte activité volcanique et de fréquents séismes dont deux particulièrement destructeurs dans les environs des villes de Padang (île de Sumatra) et Jogjakarta (île de Java). Dans ces deux régions culturellement très différentes, Caritas Suisse mène un vaste programme de reconstruction à Padang Sago et plusieurs projets à Pengkol. Reportage au cœur de l’Indonésie.

Caritas    •Planète solidaire» 3/10

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Texte: Grégoire Praz

Photos: Eng Hiong Low

Sur l’île de Sumatra, en pleine forêt tropicale, Padang Sago est une région pauvre du district de Padang particulièrement touchée par le séisme de 2009 qui a fait 1117 victimes (voir encadré). Plus de 80% des maisons ont subi des destructions à Padang Sago à la suite du tremblement de terre. De nombreux villageois vivent encore dans leur maison à moitié détruite au péril de leur vie et d’autres ont trouvé refuge chez des membres de leur famille ou dans des abris provisoires. La  plupart des habitants  de cette région sont pauvres. Ils vivent comme travailleurs journaliers dans l’agriculture, comme tailleurs, chauffeurs ou pratiquent de petits travaux agricoles. Le revenu moyen est de moins de 100 francs suisses par mois. La plupart n’ont pas les moyens de commencer à réparer leur maison.

«J’étais très effrayée»

Dans le village de Puncoruyuang de la région de Padang Sago qui rassemble environ 300 familles, nous rencontrons plusieurs familles touchées par le séisme dont celle d’Ande Surau, une femme énergique de 70 ans. Son visage respire la bonté et elle s’empresse de sortir de la maison de sa sœur chez qui elle habite après que sa maison ait été détruite. Elle cuisinait pour les huit membres de la famille et ses bras sont encore recouverts de riz lorsqu’elle se dirige vers nous.

Elle porte un petit bonnet en laine sur sa tête et nous confie en souriant: «J’ai trois enfants, sept petits-enfants et même deux arrière-petits-enfants. Je m’appelle Surau, qui signifie maison de prière dans notre langue, parce que je suis née dans une mosquée. Je suis la deuxième fille d’une famille de sept enfants et je suis veuve. J’ai vécu d’autres tremblements de terre, notamment en 2007, ma maison a été légèrement détruite mais je pouvais encore y vivre». Le visage d’Ande s’anime sous le coup de l’émotion lorsqu’elle évoque les souvenirs du dernier séisme: «En 2009, je me trouvais dans ma maison avec mes deux arrière-petits enfants quand la terre a tremblé. J’étais très effrayée, vers six heures du soir, je parlais et je jouais avec eux. J’ai ressenti une forte secousse. Mes arrière-petits enfants ont couru hors de la maison. Je me suis sentie confuse, je ne savais pas où aller, puis j’ai aussi couru. J’ai commencé à prier et après cela, je me suis sentie plus calme. Je me suis alors souvenue que j’avais une vache qui se trouvait encore dans le champ. J’ai alors mis la vache dans l’enclos et rentré les poulets. C’était sombre. J’ai essayé d’allumer ma lampe à huile mais je n’avais pas d’allumettes. Je voulais me rendre chez des voisins pour emprunter des allumettes». Sa sœur l’en dissuade et l’invite dans sa maison située à quelques mètres et qui avait mieux résisté au tremblement de terre. «Mais je ne voulais pas partir de ma maison, j’avais peur que  des  voleurs  prennent  ce  qu’il y avait encore à l’intérieur». Finalement, Ande se laisse convaincre et va dans la maison de sa sœur. Elle réalise que sa maison est détruite et se dit: «J’ai pensé à ce qui allait m’arriver, ma maison était détruite. J’ai senti une grande tristesse m’envahir, j’ai pleuré. Je n’ai pas pu dormir cette nuit- là.»

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2009: LE SÉISME À SUMATRA

Un tremblement de terre a touché la côte ouest de Sumatra, près du district de Padang à 17h15 heure locale le 30 septembre 2009. D’une magnitude de 7,6 sur l’échelle de Richter, le séisme a été suivi le 1er octobre par un autre tremblement de terre majeur, de 6,8 sur l’échelle de Richter à 225 km au sud-est de Padang. 1117 personnes ont été tuées et les maisons de 135 000 familles ont été détruites. Avec son organisation partenaire IBU, Caritas Suisse avait apporté de l’aide d’urgence tout de suite après le tremblement de terre. Jusqu’en octobre 2011, il est prévu de cons- truire 680 maisons antisismiques et de former les habitants à la construction ainsi qu’à mieux les préparer face aux futurs séismes. Le projet se monte à près de 2,5 millions de francs financé en partie par la Chaîne du Bonheur et le réseau international de Caritas.

Avant le séisme, Ande avait trois vaches, cinq chèvres et plusieurs poulets. Ce sont ses seules sources de revenu. Aujourd’hui, il ne lui reste qu’une vache, deux chèvres et quatre poulets. Elle désire plus que tout pouvoir reconstruire sa maison: «J’ai vendu une vache pour réparer le toit et trois chèvres pour acheter des briques. Mais je n’ai pas les moyens d’acheter plus de matériel et de commencer à réparer ma maison». Les briques se trouvent entassées à côté de sa maison. Ses enfants ne peuvent pas l’aider: «Ils sont aussi pauvres et n’ont pas d’argent pour leur propre famille. Ils ne peuvent malheureusement pas m’aider. Comme je n’ai pas d’argent pour reconstruire ma maison, je suis obligée de laisser le matériel entassé à côté de ma maison. Je pensais pouvoir la réparer mais cela me coûterait trop cher. Je ne peux plus vivre dans mon ancienne maison, j’espère pouvoir réutiliser les briques que j’ai déjà achetées pour la nouvelle maison que Caritas a promis de construire.» Ande nous confie devant sa maison sérieusement endommagée: «C’est la maison de ma famille. J’avais 12 ans quand elle a été construite. Je me rappelle que j’allais chercher des pierres à la rivière pour aider à construire les murs. Cela me rend triste de voir ma maison dans cet état. Je ne peux plus y habiter».

L’espoir d’Ande

Ande a malgré son âge des journées bien remplies. Elle s’occupe toujours de sa vache, de ses chèvres et de ses poulets. Elle prévoit d’habiter avec sa petite fille Eni Sugiharti dans sa nouvelle maison. Aujourd’hui, elle se rend chez sa voisine Diamari pour l’aider à préparer le Lamang, une spécialité de riz cuit sur le feu à l’intérieur de bambous. Cette manière de cuire le riz permet de le conserver plusieurs jours. Ande s’empresse d’aller chercher des feuilles de bananiers et d’y enrouler quelques rouleaux de riz pour nous les offrir.

Mais l’espoir d’Ande est de faire partie des premiers bénéficiaires du programme de reconstruction de Caritas Suisse qui travaille avec l’ONG indonésienne IBU (qui signifie mère en indonésien) et met en œuvre le projet. Cette fondation existe depuis cinq ans en Indonésie et s’est beaucoup engagée dans l’aide d’urgence après le séisme dans la région de Pariaman et de Padang ainsi qu’après le tsunami dans la région de Meulaboh. IBU connaît particulièrement bien la zone du séisme ainsi que ses habitants. Une équipe de 20 personnes travaillent actuellement pour IBU sur le projet de reconstruction à Padang Sago. Sept ingénieurs suivent le processus de construction de 680 maisons antisismiques de 24 m2 qui devrait s’achever en octobre 2011. Les bénéficiaires travaillent si possible sur le chantier de reconstruction de leur maison. Ils sont organisés en groupes d’entraide avec des ouvriers spécialement formés. Chaque maison d’une hauteur de trois mètres est construite en  briques,  elle dispose d’une pièce principale avec des renforcements en béton armé ainsi qu’une colonne centrale qui permet d’éviter que le plafond ne s’effondre en cas de séisme.

Les bénéficiaires sont tout d’abord recommandés par un comité d’anciens du village de douze personnes, dont trois femmes, représentant tant les autorités éducatives que religieuses de la communauté. Le comité se rassemble plu- sieurs fois et établit une liste de bénéficiaires possibles: «Ils connaissent particulièrement bien les habitants de leur village. Nous leur transmettons les critères pour pouvoir être bénéficiaires du projet et ils nous soumettent ensuite une liste que nous examinons avec Caritas Suisse», précise Robby, responsable de projet pour IBU.
approche est avant tout basée sur la communauté avec une grande attention aux besoins des bénéficiaires qui participent activement à la reconstruction de leur maison. Des facilitateurs de communauté nous aident dans cette tâche et l’organisation IBU est également très proche de la population», précise Gernot Frank, délégué de Caritas Suisse à Padang et responsable du projet. Trois  facilitateurs   de   communauté  de l’organisation IBU sont en contact étroit avec les habitants des villages où la reconstruction est planifiée. Ils sont à l’écoute des

C’est la première fois qu’Ande visite ce qui sera sa nouvelle maison. Elle s’intéresse à tous les aspects de la construction. Elle touche les briques, les examine avec soin et s’empresse de nous dire: «C’est une bonne qualité, le travail est excellent mais je suis inquiète parce que la maison n’est pas assez large. Je vais essayer de l’agrandir plus tard. J’aimerais bien mettre un mur car il n’y a qu’une seule pièce.» Un peu désécurisée, elle pose la question: «Comment vais-je payer les ouvriers?». Ande ne devra rien payer pour la maison de base mais si elle désire l’agrandir ou la transformer, les coûts supplémentaires seront à sa charge.

A l’écoute des villageois

A fin septembre 2010, les 50 premières maisons devraient être terminées. Cependant le projet avait pris du retard lors de son lancement. «Le gouvernent local a stoppé le projet de la mi-avril à la mi-mai 2010. Il y avait des craintes que la construction de maisons permanentes ne crée de la dysharmonie sociale dans les villages. C’est-à-dire que certaines personnes reçoivent des maisons plus coûteuses que celles qu’elles avaient auparavant. Nous avons dû revoir à la baisse la dimension des maisons qui était prévue au départ pour nous concentrer sur une construction de base antisismique qui revient à environ 2400 francs mais qui peut être agrandie par la suite. Dans ce projet, les bénéficiaires de maisons sont choisis selon des critères très précis dont les plus importants sont le degré de destruction de la maison, le revenu de la famille et une priorité accordée aux personnes particulièrement  vulnérables comme  les  veuves. De plus, des ouvriers qualifiés sont formés en construction parasismique. Ils peuvent ensuite transmettre leur savoir aux habitants qui désirent agrandir leur maison selon les normes antisismiques.

«Mon père a pu échapper de justesse à la mort»

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A Puncoruyuang, dans une zone reculée de la forêt tropicale, l’organisation IBU visite une famille de 10 personnes qui vit dans une maison en grande partie détruite par le tremblement de terre. Cette famille fait partie des bénéficiaires potentiels mais l’organisation IBU désire vérifier les conditions de vie de la famille et les destructions subies par la maison. Zainar, 36 ans, aînée de la famille nous accueille. Elle porte sa fille Intar de quatre ans (qui signifie diamant en indonésien) dans ses bras. Les murs de la maison sont constitués de tôles rouillées qui proviennent du toit de la cuisine. L’intérieur de la maison est sombre, une femme malade est couchée sur le sol, c’est la mère de Zainar. Elle souffre de problèmes intestinaux. Un homme, torse nu, à la mine hagarde se tient sur une couche. C’est Gulo, le père de Zainar. Employé du ministère de l’éducation à la retraite, il touche une pension de 30 francs par mois qui est la seule source de revenu de la famille. «Lors du tremblement de terre, tous les murs de la maison ont été détruits. Mon père tentait de retenir le toit pour qu’il ne nous tombe pas sur la tête. Il a pu échapper de justesse à la mort lorsque les murs de la maison se sont effondrés. Toute la famille a dû vivre pendant 10 jours dans notre poulailler». Zainar nous montre à côté d’un amoncellement de pierres le poulailler qui tient à peine debout. Compte tenu de sa situation financière et des destructions subies par sa maison, elle a beaucoup de chance de figurer parmi les bénéficiaires.

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Sur une petite colline et derrière les feuilles de bananiers et de cocotiers se cache la maison de Zulmaini, 39 ans. Elle vit avec ses  quatre  enfants  et  ses  deux  parents.

«Quand le tremblement de terre est arrivé, c’était la fin de l’après-midi, je cuisinais et m’occupais d’une vache. Mes enfants jouaient dans la maison. Quand ils ont senti la terre qui tremblait, ils ont couru vers l’avant de la maison car à l’arrière, il y avait un précipice. Il pleuvait. Le riz que je cuisinais est devenu tout noir, le mur s’est effondré sur ma cuisine et j’ai couru vers l’extérieur. Cela a duré au moins 15 minutes, il y a eu deux secousses violentes. Nous avons vécu dans le poulailler pendant un mois. Le toit de notre maison n’est pas tombé heureusement. Dans un autre village à Malalak, de nombreux membres de ma famille ont été tués, notamment mon frère et un oncle. Je veux détruire cette maison pour oublier le tremblement de terre. Les deux premiers mois après le tremblement de terre, nous ne faisions plus rien. Je pleurais beaucoup. Ce n’est qu’aujourd’hui que je peux à nouveau sourire. J’essaie d’oublier, mon espoir pour le futur c’est d’avoir une nouvelle maison mais pas ici».

Zulmaini fait partie des bénéficiaires choisis par IBU et Caritas pour recevoir une nouvelle maison. Elle nous emmène jusqu’à son jardin potager situé à environ 500 mètres de son habitation actuelle où elle projette de construire sa nouvelle maison: «J’ai vendu quelques vaches et j’ai acheté une terre pour construire ma maison. Ici, je pourrai vivre heureuse avec ma famille et en oubliant ce qui est arrivé». Zulmani appartient aux Minangkabaus comme la plupart des habitants de cette région. Dans cette tradition matrilinéaire, la terre appartient aux femmes.

LES  MINANGKABAUS

Originaires des régions de Padang et Pariaman, les Minangkabaus constituent la plus grande société matrilinéaire au monde. Ils sont organisés en quatre clans. La terre, les biens immobiliers et mobiliers sont la propriété des femmes. Les mères les transmettent à leurs filles. Les hommes n’ayant plus rien sont contraints d’émigrer s’ils veulent faire fortune mais leur devoir est de faire profiter le village de leur réussite. Ils s’occupent également de la religion et des affaires administratives. Les enfants portent le nom de clan de leur mère et l’homme qui en a la responsabilité n’est pas le père mais l’oncle maternel. Pour le mariage, c’est la famille de la fille qui vient demander la main du garçon.

Projets à Jogjakarta

Le projet de reconstruction de Padang Sago s’inspire de celui mené par Caritas Suisse près de Jogjakarta sur l’île de Java. Après le tremblement de terre du 27 mai 2006, qui avait fait plus de 5800 victimes, Caritas Suisse a reconstruit 534 maisons dans le district de Gunung Kidul dont fait partie le village de Pengkol situé à 40 kilomètres de Jogjakarta. Elle a également mené plusieurs autres projets dont l’approvisionnement en eau de toute la région. Cependant la culture des Minangkabaus, ce peuple de Sumatra où les femmes ont un grand pouvoir de décision, et celle de Java sont assez éloignées: «A Padang Sago, nous impliquons beaucoup plus les femmes du fait que la terre leur appartient. Par ailleurs, à Jogjakarta, la culture du Gotong Royong que l’on peut traduire par solidarité villageoise est beaucoup plus développée qu’à Padang. Nous devons peut-être penser à mieux adapter le projet à la culture Minangkabau», précise Gernot Frank. En effet, à Jogjakarta, le Gotong Royong est une solidarité  très  développée.  Pour  reconstruire chaque maison, des groupes d’entraide de douze personnes s’étaient formés. Six familles avaient fourni chacune deux de leurs membres pour aider les voisins. En échange de ce travail, le propriétaire de la maison a offert des fruits et s’est engagé à aider en retour les autres familles. Avec ce système de  solidarité,  chaque  maison  a  pu  être construite en moins de 20 jours et jusqu’à quatre maisons étaient construites parallèlement.

«Le projet de Pengkol a été mis en œuvre par Pupuk, une ONG locale et il a fonctionné de manière parfaite au niveau de la solidarité dans les villages. Mais c’est difficile à le reproduire dans d’autres régions de l’Indonésie où la culture est différente. Pour moi, le plus important est de reconnaître les besoins des bénéficiaires. Tout le village doit être d’accord avec le choix des bénéficiaires pour éviter des conflits sociaux, c’est la clé dans le processus de reconstruction», pré- cise Thorsten Reckerzügl, actuel délégué de Caritas Suisse à Jogjakarta.

Au bord de la route, une dizaine de villageois s’activent à la réparation d’un pont.

«Voilà un exemple de cette célèbre solidarité villageoise, le Gotong Royong. C’est grâce à elle que nous avons pu reconstruire si rapidement et mener à bien un si vaste projet d’approvisionnement en eau», lance Tatang, assistant général de Caritas Suisse à Jogjakarta qui a accompagné tout le projet.

«Le monde a changé»Au milieu de la forêt, nous sommes attirés par une maison toute blanche qui ne ressemble à aucune autre. «Douze personnes m’ont aidée à reconstruire cette maison. Quand elle était terminée, un collaborateur de Pupuk m’a recommandé d’en prendre soin et je l’ai fait! Je voulais remercier Caritas de m’avoir donné cette maison», lance Sagiyem, une veuve de 70 ans qui vit avec sa mère malade de plus de 100 ans. Sagiyem a repeint les murs de la maison, posé du carrelage sur la véranda et même de petites colonnes en bois. Elle en a fait la maison la plus belle de la région. Son fils travaille comme ouvrier agricole à Jogjakarta et lui a permis d’acheter les fournitures nécessaires pour le carrelage. «Quand le séisme est arrivé, ma maison était presque détruite. En voulant sauver ma mère lors de l’effondrement de la maison, je me suis cassé le bras et je ne savais pas comment je pouvais en- core continuer à vivre. Mais maintenant le monde a changé, je suis vraiment très heureuse dans cette maison, je peux à nouveau rire et penser à l’avenir». Son voisin Ngadiso, 68 ans, loue le courage de Sagiyem et il est admiratif devant la maison de sa voisine.

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Sur un petit monticule, Sumadi, 43 ans et sa femme Sutarmi, 38 ans, vivent avec leurs six enfants dans leur maison construite en 2007 par Caritas Suisse. Sutarmi est très heureuse d’avoir reçu cette maison et elle a mis de jolis rideaux roses aux fenêtres. Une superbe cage à oiseau en bois est suspendue au plafond mais hormis deux lits en bambous, l’intérieur est quasiment vide. «Notre ancienne maison s’était effondrée, nous étions effrayés et nous ne savions que faire. A l’époque nous avions quatre enfants et plus de toit. Je travaille comme laboureur dans les plantations et parfois comme maçon. Je ne gagne que 60 francs par mois pour nourrir toute la famille et tous mes enfants vont à l’école. Je ne sais souvent pas comment tout payer mais quelqu’un là-haut dans le ciel m’aide à le faire, j’en suis sûr», lance Sumadi avec un large sourire.

Le photographe et artiste suisse d’origine asiatique Eng Hiong Low a vécu plusieurs années en Indonésie. Il connaît parfaitement plusieurs langues asiatiques dont la langue et la culture de ce pays. Il a grande-ment facilité les rencontres avec les personnes interviewées.

Le tremblement de terre

Le 27 mai 2006, la terre trembla à Java pendant plus d’une minute. D’une magnitude de 6,3 sur l’échelle de Richter, au sud de la ville de Jogjakarta, le séisme a fait 5800 victimes, 45 000 blessés et près de 300 000 familles sans abri. Après avoir fourni de l’aide d’urgence à plus de 4500 familles, Caritas Suisse a reconstruit 534 maisons antisismiques dans quatre villages du district de Gunung Kidul. De plus, comme l’eau est rare en saison sèche dans cette région, Caritas Suisse vient de terminer un grand projet d’approvisionnement en eau pour plus de 8000 bénéficiaires qui leur fournit plus de 30 litres d’eau propre par jour. Des programmes de soutien à la communauté comme du microcrédit et une aide à monter de petites entreprises ont également été mis en place. L’ensemble des projets de Caritas Suisse dans cette région se monte à près de 4,5 millions de francs financés en partie grâce à la Chaîne du Bonheur et au réseau international de Caritas.

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